
ACTUALITE National – Andrés Manuel López Obrador, nouveau président plébiscité
08/04/2019
ARTICLE: Présentation officielle du rapport final du “Procès populaire communautaire contre l’État et les entreprises minières au Oaxaca” : une nouvelle forme de lutte pour la défense des territoires est mise à l’essai
08/04/2019“Les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation […]”
En novembre 1989, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant. Ratifié par tous les États membres exceptés les États-Unis, le texte reconnaît les droits des enfants (ceux-ci étant considérés comme des mineur-e-s de moins de 18 ans) ainsi que les mesures que les États doivent prendre afin qu’ils soient garantis.
De nos jours, le Mexique compte près de 40 millions d’enfants et d’adolescents, vivant dans des milieux sociaux et économiques divers. Néanmoins, tous.te.s sont confronté-e-s à une intensification du phénomène de la violence, une réalité complexe, aux dimensions multiples et aux impacts variés. De l’exploitation économique au harcèlement, en passant par la violence domestique et le poids d’une culture profondément machiste, nombre de mineur-e-s subissent la pression constante d’un contexte dans lequel la violence ne semble jamais cesser de croître. Si cette tendance peut s’observer dans bien d’autres sociétés, les enfants mexicains sont imprégné-e-s d’une réalité bien spécifique, marquée par le machisme, la culture narco, ainsi que toutes les implications que ces phénomènes peuvent impliquer.
Violence économique et travail des enfants
“La pauvreté est la pire des violences”
Au Mexique, plus d’un-e mineur-e sur deux se trouve en situation de pauvreté. Parmi eux, environ 20% vivent dans une pauvreté extrême[1], un pourcentage supérieur à la même proportion calculée sur la base de la population totale[2].
Dans les faits, cette pauvreté empêche que la plupart de leurs besoins de première nécessité soient satisfaits (disposer d’un logement décent et d’une alimentation suffisante, entre autres), et rend également plus difficile leur accès à l’éducation. Le manque de moyens économiques constitue ainsi la principale raison pour laquelle les adolescent-e-s abandonnent l’école et/ou commencent à travailler, afin de subvenir aux besoins de leur famille. Le fait d’habiter dans des quartiers pauvres est bien souvent un frein supplémentaire, faute de moyens de transports ou de leur coût trop important pour que ces personnes puissent y accéder[3]. Selon les données de l’INEGI, plus de 2 millions d’enfants sont ainsi privé-e-s du droit à l’éducation au Mexique.
Si l’on sait que des millions d’enfants sont contraints de travailler, le caractère informel du travail empêche de mesurer l’ampleur du phénomène avec exactitude. Bien que beaucoup de mineur-e-s soient déterminé-e-s à travailler afin de subvenir aux besoins de leur famille, l’accès prématuré au monde du travail mexicain tend à réduire leurs possibilités pour qu’ils continuent d’étudier en parallèle, ce qui, à terme, compromet leurs opportunités professionnelles futures[4].
Violences familiales et domestiques
La violence physique au sein du foyer familial est une des autres formes de violence qui tend à affecter les jeunes mexicain-e-s. 6 enfants et adolescent-e-s sur 10 ayant entre 1 et 14 ans ont ainsi déjà vécu des violences domestiques liées à leur éducation. Le châtiment corporel sévère semble en revanche moins fréquent, concernant un-e enfant sur 15[5]. Malgré tout, cette punition reste socialement acceptée au Mexique ; en 2010, une étude réalisée par Elizabeth T. Gershoff a pourtant montré que le recours au châtiment corporel a tendance à réduire l’obéissance des enfants sur le long terme, et à augmenter les chances pour qu’ils adoptent un comportement plus agressif dans le futur[6].
Les violences psychologiques ne doivent pas non plus être négligées. Près de 50% des enfants mexicain-e-s en ont déjà souffert de celles-ci via un membre de leur famille. Toutefois, 8 agressions sur 10 contre des enfants ont lieu à l’école ou, plus largement, dans un espace public, selon le Fonds International d’Urgence des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF)[7].
Harcèlement et violence à l’école

Travail du SIPAZ avec des enfants dans le cadre le la Rencontre en Défense de la Terre-Mère à Candelaria au Chiapas © SIPAZ
Le système éducatif est probablement une des institutions les plus à même de combattre la violence “entre” et “contre” les enfants. Malgré ce potentiel, les écoles mexicaines n’ont cependant toujours pas réussi à résorber le phénomène, ni à réduire l’impact de la cruauté du harcèlement scolaire. Près de 28 millions d’enfants et d’adolescent-e-s en sont victimes au Mexique, premier pays au monde le plus touché par cette tendance. Bien que le harcèlement scolaire ne date pas d’hier, les réseaux sociaux ainsi que les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans leur ensemble ont contribué à amplifier son impact et sa gravité. Certains secteurs spécifiques au sein de la population des mineur-e-s mexicain-e-s sont davantage exposés à d’éventuelles agressions : près de 9 jeunes LGBTQ+ sur 10 sont ainsi harcelé-e-s en raison de leur orientation sexuelle, alors que 8 enfants souffrant d’un handicap physique et/ou mental sur 10 sont confronté-e-s au harcèlement scolaire[8]. Malheureusement, ce phénomène n’est pas seulement du aux seules interactions entre élèves d’une même génération, mais est également alimenté par certains instituteurs[9].
Culture machiste et violence sexuelle contre les petites filles et les jeunes femmes
La violence sexuelle à l’égard des mineur-e-s reste un des autres fléaux les plus préoccupants pour les droits de l’enfance au Mexique. Celle-ci est fortement liée à la culture du machisme qui, valorisant l’identité masculine à outrance, perpétue l’idée d’une domination masculine légitime sur les femmes et le “droit” des hommes à exercer leur contrôle sur la sexualité de leurs homologues féminins. Mariages infantiles, grossesses de mineures, traite de personnes ou prostitution forcée ne sont que quelques exemples des effets pervers de ce phénomène : selon l’enquête nationale sur la dynamique des relations familiales (ENDIREH) réalisée en 2016, 4,4 millions de femmes mexicaines ont ainsi souffert de violences sexuelles pendant leur enfance, parmi lesquelles 1,2 millions ont été obligées d’avoir des relations sexuelles[10].
Les grossesses prématurées constituent les manifestations les plus évidentes des abus sexuels commis à l’encontre des petites filles. Parmi les 34 pays membres de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE), le Mexique est le pays qui compte le plus de mineures enceintes[11]. En 2016, on en comptabilisait ainsi 11 808, dont l’âge variait entre 10 et 14 ans. Dans 70% des cas, le père avait au moins 18 ans ou plus. Parfois, la violence ne s’arrête pas là pour la victime, lorsque celle-ci est contrainte de se marier avec le père[12]. Dans les états du Chiapas et du Guerrero, plus de 30% des jeunes femmes se marieront ou s’installeront avec leur conjoint avant d’avoir 18 ans, alors que la moyenne nationale oscille autour des 25 ans[13]. Comme pour la plupart des délits commis dans le pays, l’impunité règne aussi dans le cas des violences sexuelles : 94% de ces délits ne seront pas dénoncés, alors que seulement un cas sur 10 fera l’objet d’une procédure pénale.
Le trafic de mineur-e-s et la prostitution forcée constituent d’autres formes de violences sexuelles très présentes au Mexique. Chaque année, près de 21 000 enfants font ainsi l’objet d’un trafic destiné à l’exploitation sexuelle, parmi lesquels 45 % sont de jeunes filles indigènes[14]. Une autre étude portant sur la prostitution des femmes a montré quant à elle que 83% d’entre elles avaient commencé à se prostituer avant leur 16 ans[15].
Les petites filles et jeunes femmes se voient contraintes de vivre dans une société profondément machiste dont les implications vont plus loin que les agressions sexuelles, le harcèlement et la discrimination. Les effets d’une telle réalité sur la santé et sur le développement sont difficiles à mesurer, si bien que les chiffres ne peuvent à eux-seuls saisir l’ampleur du phénomène.
Culture narco et guerre contre la drogue
Entre 2011 et 2016 au Mexique, trois enfants ont été assassinés chaque jour

Manifestation avant l’approbation de la Loi Générale sur les Droits des Enfants et adolescents en 2014 © SIPAZ
La violence que connaît le Mexique depuis ces dernières années a affecté de nombreux secteurs de la société. Toutefois, une analyse approfondie permet de montrer que la guerre contre la drogue a particulièrement affecté les adolescent-e-s. Selon les données de l’organisation Save the Children, 8% des victimes d’homicide au Mexique ont entre 15 et 19 ans. De 2004 à 2013, le taux d’homicides sur mineur-e-s est passé de 1,9 à 3,1 pour 100.000 habitant-e-s. Au même moment, ce taux pour les mineur-e-s ayant entre 15 et 17 ans est passé de 9,9 à 26,5 pour 100.000 habitant-e-s. Un rapport des Nations Unies (ONU) a ainsi affirmé que le Mexique se hissait au 24ème rang des taux d’homicides les plus élevés sur des personnes de moins de 20 ans. En chiffres absolus, le pays occupe la 5ème place de cette catégorie[16].
Malgré tout, c’est bien la manière par laquelle se répand le crime organisé qui pose problème, les gangs de rue manipulant et obligeant les jeunes à commettre à leur tour des actes de violence. Sur l’ensemble des activités criminelles commises par des adolescent-e-s, on en compte 68% liées au crime organisé ou aux gangs, alors que les 38% restantes relèveraient davantage de décisions individuelles. En 2015, l’Institut National Électoral a réalisé une étude faisant participer 500 000 mineur-e-s âgé-e-s entre 14 et 17 ans. Sur l’ensemble des participant-e-s, 4% ont déclaré avoir été forcé-e-s à prendre part à une organisation criminelle, contre leur volonté[17]. Bien que cette proportion ne semble pas si élevée à première vue, il faut prendre en compte la petite taille de l’échantillon analysé par cette étude, ainsi que la peur éventuelle d’évoquer ce thème pour les interrogé-e-s ; on comprend alors comment, via la violente pression exercée sur les adolescent-e-s, les organisations criminelles assurent leur continuité dans le temps.
La violence ne constitue cependant pas le seul moyen par lequel les bandes criminelles attirent les jeunes recrues. On parle généralement de poder blanco (“pouvoir soft”) pour caractériser les méthodes par lesquelles ces organisations tentent de faire aimer leur activité et ainsi grossir leurs rangs : la romantisation de l’activité criminelle par la musique en est un exemple parmi d’autres via les narcocorridos, ballades de musique traditionnelle mexicaine glorifiant ouvertement la drogue et les activités criminelles dans leurs paroles. Leur popularité va d’ailleurs croissante de part et d’autre de la frontière qui sépare le Mexique des États-Unis, renforçant ainsi davantage ce que l’on a pour habitude d’appeler la “culture narco”. Les programmes de télévision portant sur les cartels de drogue constituent un tout autre exemple par lequel le style de vie luxueux des organisations criminelles se normalise, bien qu’ils mentionnent le caractère illégal de leurs activités et le danger permanent qu’il y a à mener le quotidien d’un narcotrafiquant. Pour beaucoup de personnes vivant dans une situation de pauvreté, intégrer ce type d’activités criminelles leur permet d’accéder à des sources de revenus qu’elles ne pourraient jamais espérer atteindre via la légalité.
Exemples de narcocorridos
“Con cuernos de chivo
y bazuca en la nuca
volando cabezas
al que se atraviesa
somos sanguinarios
locos bien ondeados
nos gusta matar”
(“Fusil et bazooka sur l’épaule,
Faisant sauter la tête de celui qui nous défie,
Nous sommes des fous sanguinaires,
Nous aimons tuer”)
(El Centenario de del M1)
“Si eres pobre te humilla la gente
si eres rico te tratan muy bien
un amigo se metió a la mafia
porque pobre ya no quiso ser
ahora tiene dinero de sobra
por costales le pagan al mes “
(“Si tu es pauvre, le monde t’humilie,
Si tu es riche, il te respecte,
Un ami a intégré la mafia
Car il en avait marre d’être pauvre,
Maintenant il a de l’argent à n’en plus pouvoir,
Il reçoit des sacs de billets chaque mois”)
(Tucanes de Tijuana)
Violences à l’égard des enfants indigènes
Alors que les peuples autochtones représentent 12,6% de la population mexicaine[18], 71% d’entre eux vivent dans une situation de pauvreté (proportion très au-dessus de la moyenne nationale)[19]. Seulement 27% des jeunes indigènes finissent leurs études secondaires et la plupart d’entre eux – surtout les filles – sont beaucoup plus susceptibles de ne pas terminer leurs études secondaires que leurs camarades non indigènes[20]. Par ailleurs, 25% des enfants indigènes âgés de 15 ans sont analphabètes, une proportion quatre fois supérieure à la moyenne nationale[21].
En désignant l’espagnol comme langue principale d’enseignement, le système éducatif mexicain peine à fournir une éducation adéquate aux jeunes autochtones. Beaucoup d’entre eux ont comme première langue un parler différent de l’espagnol. Une éducation qui ne prend pas en compte cette donnée capitale est vouée à l’échec. Bien que les réformes éducatives en cours aspirent à évoluer vers un enseignement bilingue, les langues indigènes ne sont toujours pas mises en valeur et c’est en espagnol que l’on prétend alphabétiser des enfants qui le parlent peu voire pas du tout[22]. L’échec de l’État à fournir aux jeunes indigènes une éducation appropriée constitue ainsi pour eux un défi supplémentaire pour leur avenir.
Enfants migrant-e-s
Les enfants migrant-e-s constituent une cible d’autant plus vulnérable face à la violence, qu’il s’agisse de mineur-e-s mexicain-e-s qui restent au Mexique alors qu’au moins l’un des deux de leurs parents migrent (vivant par conséquent seul-e-s ou avec un seul d’entre eux), d’enfants mexicain-e-s migrant principalement aux États-Unis, avec leur famille ou dans le but de la rejoindre, ou encore de jeunes mexicain-e-s vivant aux États-Unis avec ou sans papier, menacé-e-s d’expulsion.
En outre, selon les données du gouvernement mexicain en 2017, plus de 18 000 mineur-e-s ont été arrêté-e-s par les autorités migratoires mexicaines, 96 % d’entre eux provenant du Honduras, du Guatemala et du Salvador. Plus de 7400 n’étaient pas accompagné-e-s[23].
Pour beaucoup d’entre eux, un lourd passif précède et accompagne leur transit migratoire : séparation familiale, scolarisation faible ou interrompue, insécurité due au fait de ne pas disposer de statut légal, autant de critères à prendre en compte pour comprendre leur vulnérabilité face aux angoisses psychologiques, à l’isolement vis-à-vis du système institutionnel, aux mauvais traitements[24] ou à l’exploitation (celle-ci allant parfois jusqu’au trafic d’organes et à la traite de personnes)[25].
En tant que directrice de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO), Audrey Azoulay avait déclaré : “Apprendre n’est pas un luxe. Quand on refuse aux migrant-e-s et aux réfugié-e-s le droit à l’éducation, ils sont toujours perdants. L’éducation joue un rôle fondamental dans l’intégration des individus et reste la meilleure manière par laquelle construire et renforcer des communautés soudées”.
Au cours de ces derniers mois, des organisations civiles ont dénoncé une généralisation du sentiment anti-migrant-e-s dans les villes situées aux frontières du Mexique, se traduisant bien souvent par l’expulsion violente de migrant-e-s des lieux qu’ils occupaient jusqu’alors. En décembre 2018, deux adolescents honduriens ont même été assassinés à Tijuana[26].
Malgré les risques, la violence, l’insécurité ou encore le manque d’opportunités économiques sont autant de raison qui poussent les enfants à continuer de migrer[27].
Aborder le problème de la violence envers les mineur-e-s : la Loi Générale relative aux Droits des Enfants et Adolescents
En décembre 2014, le Mexique a approuvé la Loi Générale relative aux Droits des Enfants et des Adolescents. Conformément à ce texte, le gouvernement a mis en place en août 2017 un Plan d’Action National visant à mettre fin à la violence envers les jeunes filles, les enfants et les adolescents. Pendant six mois, le projet a ainsi vu la participation d’agences du gouvernement fédéral, de plus de 20 organisations de la société civile, de représentant-e-s du monde académique, et a également permis de consulter de nombreux enfants et adolescents. La bonne marche de ce plan a été appuyée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ainsi que par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), organismes tous deux présents lors de son déroulement[28].
Ce plan a notamment abordé la question des châtiments corporels, du harcèlement, ainsi que de la violence physique et sexuelle envers les enfants et les adolescents, en se fixant un certain nombre d’objectifs: interdiction légale des châtiments corporels, renforcement des mécanismes de détection et de prévention des violences sur mineur-e-s, multiplication des programmes visant à prévenir la violence en milieu scolaire, etc[29].
Malgré un projet qui s’est voulu ambitieux, beaucoup de facteurs nourrissant cette violence à l’encontre des mineur-e-s, telle que la violence émanant du crime organisé ou des forces armées, restent en dehors de sa portée. Les avancées permises restent ainsi limitées et inégales entre les différents états du pays, les zones urbaines et les zones rurales, et n’ont que peu d’impact sur les secteurs les plus vulnérables.
Chiapas : des difficultés similaires au niveau local
En raison, entre autres, de la pression exercée par la société civile, le gouvernement de l’état du Chiapas a approuvé en 2015 la Loi relative aux Droits des Enfants et des Adolescents de l’état du Chiapas (LDNNACH), permettant ainsi la reconnaissance de tout un ensemble de droits ainsi que la mise en place de mesures de protection pour les mineur-e-s vivant dans cet état[30]. Bien qu’il s’agisse d’une avancée symbolique non négligeable, la société civile a critiqué le manque de volonté politique quant à l’application réelle et effective de cette législation. Selon le Réseau pour les Droits des Enfants et des Adolescents du Chiapas (REDIAS), lesdites mesures de protection que la loi prescrit ne sont pas appliquées, faute d’un financement approprié[31].
Par ailleurs, le Programme de l’État du Chiapas pour la Prévention et l’Élimination du Travail infantile et pour l’Encadrement du Travail des Adolescent-e-s, qui décrit les étapes que le gouvernement doit suivre afin d’appréhender le problème, reste sans résultats concluants, faute d’une communication insuffisante en la matière de la part du gouvernement. Le budget alloué à ce plan reste encore inconnu de nos jours[32]. Bien que les précédents gouvernements du Chiapas se soient montrés en faveur d’une législation mettant en évidence la violence exercée à l’encontre des mineur-e-s, il n’existe aucune volonté politique réelle de s’attaquer sérieusement au problème.
Quelles perspectives pour l’avenir ?

Travail du SIPAZ avec des enfants dans le cadre le la Rencontre en Défense de la Terre-Mère à Candelaria au Chiapas © SIPAZ
Depuis le changement de gouvernement, plusieurs organisations civiles ont appelé Andrés Manuel López Obrador (AMLO) et son cabinet pour qu’ils fassent de l’enfance et de la jeunesse une priorité au sein de leur projet de gouvernement. Un des programmes imaginés par AMLO, “Jóvenes construyendo el futuro (la jeunesse construisant l’avenir)”, propose, d’une part, la mise en place d’une bourse destinée à 300 000 jeunes, afin qu’ils puissent mener à bien leur carrière universitaire et, d’autre part, divers appuis économiques afin que près de 2,3 millions d’adolescents puissent accéder à une formation professionnelle d’une durée d’un an au sein de centres de travail.
Malgré tout, l’absence de mention des mineur-e-s dans les discours du nouveau président inquiète, alors qu’aucune proposition visant à appréhender les composantes structurelles et culturelles du problème de la violence envers les mineur-e-s n’est connue à ce jour.
Ce type de proposition est pourtant plus que nécessaire actuellement : celles-ci doivent impérativement intégrer des mécanismes de participation des enfants et des adolescent-e-s ainsi que des organisations de défense des droits des mineur-e-s, afin que de réels changements, permettant une protection plus complète et plus effective de leurs droits, soient possibles.
Fuentes:
[1] Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia (UNICEF) Informe Anual | México 2017 (México, D.F., 2017).
[2] Comisión Nacional de los Derechos Humanos (CNDH) Adolescentes: Vulnerabilidad y Violencia (Ciudad de México, 2017)
[3] Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia (UNICEF) La niñez y la industria maquiladora en México (Ciudad de México, 2018)
[4] Ibid.
[5] Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia (UNICEF) Informe Anual | México 2017 (México, D.F., 2017)
[6] Elizabeth T. Gershoff, More Harm Than Good: A Summary of Scientific Research on the Intended and Unintended Effects of Corporal Punishment on Children (2010)
[7] Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia (UNICEF) Informe Anual | México 2017 (México, D.F., 2017)
[8] Bullying Sin Fronteras, Estadísticas Mundiales de Bullying 2017/2018. Primer Trabajo Oficial en el Mundo contra el Bullying. (2018)
[9] Global Partnership to End Violence against Children Pathfinding Country Progress Report (2017)
[10] IPAS México, Comunicado de prensa Violencia Sexual y Embarazo Infantil en México (2018)
[11] México News Daily, In OECD México no. 1 for teen pregnancies (2017)
[12] IPAS México, Comunicado de prensa Violencia Sexual y Embarazo Infantil en México (2018)
[13] The Guardian, Mexico’s lost generation of young girls robbed of innocence and education (2017)
[14] El Economista, México, sin cifras precisas sobre trata (Rubén Torres Y Jorge Monroy, 2017)
[15] Publimetro, México, segundo lugar a nivel mundial en turismo sexual infantil (2017)
[16] Comisión Nacional de los Derechos Humanos (CNDH) Adolescentes: Vulnerabilidad y Violencia (Ciudad de México, 2017)
[17] Ollinac, LOS 5 DATOS MÁS PREOCUPANTES DE LA CONSULTA INFANTIL Y JUVENIL 2015 (2016) http://ollinac.org/los-5-datos-mas-preocupantes-de-la-consulta-infantil-y-juvenil-2015/
[18] The Borgen Project, Five Important Facts About Indigenous Education in Mexico (2017)
[19] El Universal, Over 70% of Indigenous People in Mexico Live in Poverty (2018)
[20] The Borgen Project, Five Important Facts About Indigenous Education in Mexico (2017)
[21] The Guardian. ‘The help never lasts’: why has Mexico’s education revolution failed? (2017)
[22] Rainer Enrique Hame, Bilingual Education for Indigenous Peoples in Mexico (2016)
[23] Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia (UNICEF) Informe Anual | México 2017 (México, D.F., 2017)
[24] Ollinac, LOS 5 DATOS MÁS PREOCUPANTES DE LA CONSULTA INFANTIL Y JUVENIL 2015 (2016)
[25] Arena Pública México, ‘foco rojo’ en tráfico de órganos, niños migrantes principal blanco: Unicef (2017)
[26] The Guardian, Mexico investigates after teens from migrant caravan killed near US border (December 19, 2018)
[27] Ollinac, LOS 5 DATOS MÁS PREOCUPANTES DE LA CONSULTA INFANTIL Y JUVENIL 2015 (2016)
[28] Global Partnership to End Violence against Children Pathfinding Country Progress Report (2017)
[29] Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia (UNICEF) Informe Anual | México 2017 (México, D.F., 2017)
[30] Poder Judicial del Estado de Chiapas, LEY DE LOS DERECHOS DE NIÑAS, NIÑOS Y ADOLESCENTES DEL ESTADO DE CHIAPAS (2015)
[31] Chiapas Paralelo, Por falta de voluntad política, Gobierno de Chiapas muestra abandono hacia la niñez (2018)
[32] Melel Xojobal, PRONUNCIAMIENTO POR LOS DERECHOS DE NIÑAS, NIÑOS Y ADOLESCENTES TRABAJADORES (2015)